TC-Val - Récits de course

Ironman de Nice le 27 Juin 2010 par 3 TC Valiens

Mise à jour le Dimanche, 04 Août 2013 15:03

Voilà presque 3 semaines que nous sommes rentrés de notre périple niçois. La pression est retombée, le physique a récupéré, la combi a retrouvé son cintre, le vélo son clou et les chaussures leur boîte.
Tout est rentré dans l’ordre et ma petite vie de commercial est redevenue très calme…peut-être même trop calme. C’est vrai, les enfants sont en vacances, la maison est vide, je n’ai plus d’objectif et « l’ironblues » s’installe dangereusement (gare aux paquets de Bretzel).
Pour me changer les idées, je vais vous faire le récit d’une semaine qui restera, sans aucun doute, un de mes meilleurs souvenirs triathlètique, mais aussi une belle histoire d’amitié et de complicité.

Tout a commencé vers le mois d’octobre 2009 où comme chaque année, autour de « vertes bien fraîches », les discussions vont bon train pour savoir quelle sera LA destination du futur IRONMAN.
J’étais pas mal emballé par Lanzarote (même si la date n’était pas spécialement adéquate). De leur côté, Yann et Tonio avaient un penchant pour Nice. Il y avait même un « sanglier sainsenois » qui était prêt à franchir le pas. Mais à l’approche des fêtes de fin d’année, celui-ci est revenu à la raison et a décidé de garder ses forces pour affronter le col de l’Izoard le 15 aout 2011.
Finalement, la majorité s’est imposée et c’est donc sur la côte d’azur que nous irons mouiller la trifonction en 2010.
Et puis pour moi, l’idée d’aller prendre une revanche avec cette fichue Promenade des Anglais, qui m’avait fait voir des étoiles en 2008, s’est imposée comme une évidence.

La préparation allait donc s’articuler autour de cet objectif qui était prévu le 27 juin 2010 avec en perspective une température caniculaire.
Et c’est là mes amis, que les choses se compliquent, car la météo de cet hiver dans notre joli pays n’a pas été des plus clémentes. Même un ours polaire ou un husky bien gras n’aurait pas survécu dans les conditions que nous avons subies. Jusqu’au mois de mai, pas une sortie sans gants ni couvre-chaussures sans risquer l’amputation. D’ailleurs, selon une étude sérieuse, menée sérieusement par des scientifiques sérieux, nous n’avons pas eu d’hiver aussi pourri depuis au moins 50 ans.
Malgré cela, la motivation reste intacte et me pousse même à retrouver mes camarades fougerais le samedi après-midi pour faire des sorties de plus de 100kms sous la neige.
Après une bonne période de préparation foncière, je décide de faire un peu d’intensité histoire d’affoler un peu mes soupapes. C’est chose faite après le duathlon de St Brieuc où avec mon copain Damien, nous réalisons une course sympa avec un chrono correct. A ce moment tous les voyants sont au vert pour aborder le second objectif de préparation : Le Duathlon par équipe de Pontivy. Vous savez, c’est cette course où pour figurer correctement, il faut être monté de série avec 2 cœurs et 4 Poumons. Ben moi, mes parents, à l’époque y z’avaient pas trop de sous, alors y m’ont fabriqué « standard ». Résultat, journée galère, mes 2 camarades de jeu se promènent pendant que moi je suis à la limite de l’incident cardiaque dès la 1ere course à pied. A vélo, mes jambes sont tellement dures que j’envisage un moment de pédaler avec les bras pour gagner du temps. Enfin sur la 2e course à pied, je suis tellement collé que j’en arrive à me demander si je n’ai pas mis mes chaussures à l’envers ou si mes 2 jambes ne sont pas dans le même manchon compressport ! A la suite de cette épreuve, j’ai même reçu l’appel du directeur marketing de chez Super Glue qui m’a proposé un contrat de partenariat en or ! Bref ma confiance redescend proche du niveau 0 et je commence à me dire que je ne suis peut-être plus fais pour ça, que j’ai vieilli et qu’il serait plus prudent que je m’oriente vers les fléchettes ou le billard !
Malgré cela, je me remets au boulot et les sensations reviennent peu à peu.
D’ailleurs, au trail d’Erquy, mon temps me redonne le moral et la sortie vélo du lendemain me renforce positivement : « OUI Messieurs ! Je suis encore un Ironman !».
S’en suit le CD de Laval où je m’engage au dernier moment histoire de ne pas rester vautré toute la journée devant la télé à faire des 30’-30’ entre le canap et le frigo. L’épreuve se passe bien, malgré des sensations moyennes à vélo, je fais une course à pied convenable.
La semaine suivante est consacrée à l’entrainement (merci Martine d’avoir inventé les RTT). Nous sommes à J – 4 semaines et c’est décidé, vendredi je serai minable !
Le travail de destruction commence dès le lundi avec un petit enchaînement vélo-CAP pour récupérer de la veille. Le mardi, c’est natation le midi et vélo le soir avec les gars du VCA. La météo est magnifique ! Quel plaisir de voir ces gouttes de sueur couler sur mes joues, fini les sorties ou l’idée de porter la main au bidon ne te traverse même pas l’esprit. Après avoir mangé du pain noir tout l’hiver, c’est maintenant l’heure de la brioche Pasquier si moelleuse que t’as même pas besoin de la  mâcher et qui te fait cligner des yeux et lâcher des petits couinements tellement elle est bonne.
Revers de la médaille, à l’issu des 6 heures de vélo programmé le mercredi, je rentre à la maison le casque de travers, un vautour sur l’épaule gauche et une hyène accrochée au mollet droit. Pas cool, j’avais prévu de faire un enchaînement de 50 mn à pied. La motivation étant plus forte, je retire mon casque, chasse le vautour, donne un coup de pied à la hyène et saute dans mes superbes K-SWISS avec free-lace intégré. Arrivé à l’aéroclub, c’est la panne sèche, le coup de massue, la constellation d’étoiles que j’aperçois me rappelle celle que j’avais vue à Nice en 2008. Les quelques grammes de lucidités, qui me restent en stock, ordonnent à mon cerveau de rentrer à la maison par le chemin le plus court et de procéder à un rafraîchissement immédiat.
Le lendemain sera consacré au repos, juste une petite séance de natation le soir avec Dam.
Le vendredi je remets le couvert pour une nouvelle séance longue à vélo avec un enchaînement à pied.
Le samedi, je prévois une sortie cool avec mes camarades de club qui me jurent main sur le cœur que nous partons pour une sortie « souple ». De retour sur Avranches, mon compteur affiche 78 kms et 32 km/h de moyenne !!
Enfin le dimanche, pour le fun, je m’aligne avec Yann et Tonio sur le CD de Port-Brillet où, pour la 1ere fois de ma petite vie de triathlète, je reçois une paye de 15 euros en finissant 18e.
A l’issue de cette semaine les symptômes sont sans appels : tremblements, convulsions et crises de larmes m’indiquent que la forme est toute proche.
La semaine qui va suivre sera obligatoirement orientée récup, cela me permettra de me re-concentrer sur mon travail (le vrai, celui qui me donne à manger) avant d’aborder Sizun le WE suivant.
Conformément à ce que nous avions convenu, l’épreuve de Sizun est abordée comme un entraînement. Une sorte de répétition générale avant le grand spectacle qui aura lieu 15 jours plus tard.
Le feeling est bon, surtout pour Yann qui se permet même de courir avec les sensations ressenties par un poney lorsqu’on lui présente une jolie ponette.
A l’issue de cette course, les dés sont jetés. La préparation est terminée et doit maintenant laisser place à la récupération.

Nice, nous voilà !
Le mardi 22 juin à l’aube, mes petits camarades et moi-même programmons le Garmin Nüvi direction la promenade des anglais.
Une bonne douzaine d’heures plus tard, la grande bleue nous accueille sous un soleil radieux et une température qui oscille autour des 27°.
Le décor est planté.
Vers 18h30 nous posons nos valises dans le petit palace que nous a dégotté l’ami Yann.
Un joli 29 m2 au 4e étage d’un immeuble typique du vieux Nice. Tout est comme dans un rêve, la plage à 3 mn, la place Saleya à 2mn (un endroit magique) et le parc à vélo à 5 mn. Seul point négatif, il n’y a pas d’ascenseur et l’escalier d’accès ne se monte pas… il s’escalade ! Chaque montée est une véritable ascension du Mont-Blanc. Le truc, c’est que le propriétaire ne nous a pas informés qu’il fallait prévoir le piolet, l’échelle de corde et les chaussures à clous pour atteindre le sommet.
Après 2 ascensions et environ 10 mn passées à 95% de notre FC Max, nous commençons à organiser notre petite vie à bord.
Chacun s’approprie un lit et un petit coin pour entreposer ses affaires. Ensuite, les tâches se répartissent naturellement : Yann sera le cuisto (le Joël Robuchon de la gastronomie sportive), Tonio le plongeur et moi l’essuyeur (Eh oui, tout le monde ne peut pas être chef !). Malgré une volonté commune de garantir la salubrité du lieu, nous avons dû faire face à quelques dérapages. Parfois, on se croyait dans un garage auto, ça sentait la durite pétée, avec une touche de bielles coulées et quelques extraits de joints de culasse sautés avec sa typique fumée blanche qui faisait rire celui qui l’avait produite et qui obligeait les autres à se rapprocher de la fenêtre dans les meilleurs délais sous peine d’asphyxie. D’ailleurs, j’ai lu plus tard dans la presse que lors de notre semaine de présence à Nice, les avions survolant la zone avaient dû être déviés de leur trajectoire à cause d’un nuage de fumée, similaire à celui produit par un certain volcan islandais quelques semaines plus tôt.

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